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Intervention de Monsieur Pierre AUREJAC,  Consultant International  sur les questions de solidarités à la Caisse des Dépôts et de Consignation, suivi d’échanges avec le public

Solidarité : citoyens et mondialisation


1/ Brève recherche sur les sens des mots

A/ Solidarité/solidaire

- « in solidum », sens juridique. Solidarité des débiteurs. Chacun est contraint pour la totalité de la « masse rendue solide ».

- Liens, dépendance et interaction réciproque entre êtres et choses.

- sens mécanique : les engrenages solidaires sont ceux qui sont « engagés » ou « en prise » les uns des autres.

- Sens moral : solidarité comme devoir d’assistance entre membres d’une même société. Ce devoir s’inscrit pour le présent, le passé et l’avenir : par exemple, reconnaissance de dette par rapport au passé (et par rapport à l’avenir des générations)

Tous ces sens conduisent à deux ordres de pensée :

- la solidarité comme fait, comme résultat d’une situation donnée

- la solidarité comme devoir. En fait, il faut plutôt voir la solidarité comme un fait qui fonde un devoir….

Toutes les religions, toutes les philosophies reconnaissent que l’être humain est un être « social », qui ne peut ni vivre, ni même se penser, avoir conscience de lui-même et « s’identifier » seul. « L’individu » est une création à la fois nécessaire mais également abstraite. Concrètement, l’individu n’existe pas. « Je est plusieurs… » disent les poètes, les philosophes et même les savants.


Nous sommes dans un « système » où tout agit et réagit sur tout. Théorie du papillon. Des évènements infimes déterminent la forme de conséquences très importantes.


Limites du concept : elles sont celles du concept de liberté. Ceci nous entraîne dans une considération surprenante : toutes choses humaines sont contradictoires au plan de la parole, mais dans la réalité, c’est la fameuse « coïncidence des opposés » : les contraires se touchent. On doit donc laisser au débat le lien entre solidarité et liberté …


B/ Citoyenneté/citoyen


- La cité : à la fois un lieu et une collectivité. Collectivité et communauté : quelle différence ? Retour à la cité grecque, mais aussi aux communautés villageoises, à leurs structures et à leur rites d’appartenance.


- La citoyenneté, est-ce une chose ou un acte ? Ou les deux ? question des « papiers », des « sans-papiers ». La citoyenneté est une chose, en tant que source de droits bien réels. Mais, ce n’est pas seulement çà. C’est aussi un acte. On dit bien : « faire acte de citoyenneté ».


- Nouvelle nécessité d’une réflexion philosophique :


Ne pas confondre les actes et les choses : « Que devient le poing lorsque la main s’ouvre … ». Le poing n’est pas une chose mais un acte….

« C’est quoi une fleur ? » Où s’arrête t’elle ? Si on la cueille, elle meurt. Une fleur est comparable à un geste très lent d’une chose qui sort de terre puis se désagrège. L’individu lui-même ressemble à une fleur. De plus, il n’est pas un objet, mais un sujet. Cependant, poser ici la dialectique sujet/objet mènerait trop loin… Sauf que, en amour, « Je est un autre… »


Retour au thème de la soirée : le citoyen est celui qui se reconnaît membre d’une cité, d’une communauté, voire même d’un métier, c’est à dire toutes structures qui dépassent nécessairement le niveau de la conscience individuelle.


Par contre, sur les marchés, il n’y a plus de citoyen. Et spécialement sur les marchés financiers. Les spéculateurs sur les marchés financiers sont par essence des gens qui abandonnent leur citoyenneté.


Question posée : peut-il exister une façon citoyenne de se comporter sur un marché quelconque ? Ma réponse serait oui à condition de se considérer et d’agir comme un citoyen du monde, non d’une nation particulière.


Tout ceci mérite plus ample réflexion…


C/ Mondialisation


C’est le nom donné à la nouvelle tentative menée par les milieux occidentaux dominants, sous l’empire des marchés financiers et des multinationales, d’imposer leur propre modèle à l’unification de la conscience planétaire ayant lieu actuellement avec l’augmentation des possibilités de communications et de la rapidité des échanges d’information.


Ce n’est pas la première mondialisation. Avec quelques retours sur l’histoire des siècles passés, on s’aperçoit vite que le colonialisme et l’exploitation maximale, y compris par l’esclavage, a été la première expression de la mondialisation à l’européenne, et que le terme mondial a bien caractérisé les deux plus grandes guerres de l’histoire réalisées par l’Europe et les pays qui se réclamaient de son modèle.


Bien analyser ce que fut la découverte des Amériques et le « commerce triangulaire » du 16ème au 18ème siècle


Si l’on retient les leçons de l’histoire, on est donc amené à penser que :

- ni les religions instituées

- ni le commerce, plus ou moins bien institué et organisé

n’ont empêché jusqu’ici des échanges de plus en plus mondialisés d’aboutir à des guerres elles-mêmes de plus en plus « mondiales » (quoi que d’origine européenne …)


- En ce qui concerne la religion : ni le christianisme en Europe, ni l’Islam, en Afrique, n’ont évité la mise en esclavage pendant des siècles des Africains au profit des colonies blanches d’Amérique. Lesquelles se sont fondées sur le massacre des populations locales.


- En ce qui concerne le commerce : tous les traités de libre-échange se sont avérés incapables d’établir des échanges équilibrés. Au contraire, ils ont abouti à de telles inégalités sur les marchés qu’ils ont provoqués guerres civiles, ou des guerres de libération dans les pays dominés, puis l’extension des conflits.


Ni la religion, ni le commerce ne suffisent à réaliser la solidarité. Cela ne veut pas dire que l’une et l’autre ne soient pas nécessaires. Simplement, il ne faut pas confondre nécessaire et suffisant.


La question devient alors : qu’est-ce qui manque aujourd’hui à la Religion et au Commerce pour que s’applique concrètement le principe de solidarité ? Si je pose la question ainsi, on voit aussitôt que je ne suis pas franchement du coté de Bush Père ou fils, et du menu fretin de leurs cireurs de botte parmi lesquels Sarkosy.



2/ Qu’est ce qui nous manque pour passer à une pratique solidaire ?


A/ - Voir « honnêtement » les choses


Si l’on regarde sans a priori le fonctionnement des marchés les plus « libres », par exemple les marchés financiers, il est clair que la théorie qui s’auto proclame « libéralisme » est une imposture dangereuse et intenable. Pas plus que les systèmes marxistes qui viennent de disparaître, elle n’est capable d’assurer les équilibres dans les échanges nécessaires à la survie des êtres humains et de l’ensemble des systèmes vivants de la planète.


- Sur les régimes marxistes, il suffit de se rappeler la catastrophe économique, sociale et écologique à quoi sont arrivés les expériences les plus « collectivistes et bureaucratiques en URSS ou en Chine. Sans compter le génocide au Cambodge. L’échec des partis communistes vient essentiellement de l’imposture par laquelle ils se sont voulus seuls dépositaires d’une vérité historique et prétendue « scientifique » (le « socialisme scientifique ») alors qu’elle ne l’était pas. Cette imposture les a conduite à pratiquer une dictature de moins en moins capable de gérer la complexité des échanges économiques et sociaux


- Sur les régimes capitalistes, c’est une autre imposture qui a pris le dessus, celle qui veut faire croire que la liberté d’entreprendre, et non la bonne intervention des pouvoirs publics, aboutit à la meilleure création possible de richesse et à la bonne redistribution de ces richesses. L’imposture vient de ce que cette liberté là favorise exclusivement la prise du pouvoir par les plus forts et les plus riches, avec lutte perpétuelle pour l’appropriation du pouvoir, asservissement des plus faibles, création d’insécurité, de conflits, de guerres, de désordres, de destructions de plus en plus massives.


Il faut voir aujourd’hui la « schizophrénie » galopante des régimes les plus « libéraux » face aux problèmes que non seulement ils ne cherchent pas résoudre, mais qu’ils ne veulent même pas voir. L’exemple des USA face au reste du monde est à ce propos spectaculaire.


Concrètement, avec la façon dont se passe la mondialisation actuelle, il semble que l’on aille délibérément « dans le mur » ! (Et ceci malgré l’expérience des guerres mondiales de la première moitié du 20ème siècle)


1/ C’est la liberté même de circulation des capitaux et de choix de localisation des investissements qui provoque les flux migratoires des populations. Nous touchons là l’une des plus flagrantes contradictions du libéralisme économique : le refus de la libre circulation des personnes, les murs qui se dressent partout aux frontières des pays riches.


2/ L’augmentation de l’insécurité et du terrorisme est la conséquence directe de flagrants dénis de justice (au Moyen-Orient, en Afrique et ailleurs) et de l’augmentation des inégalités et du désespoir des populations pauvres. Les mesures sécuritaires n’y pourront rien même si elles deviennent peu à peu totalement liberticides.


3/ Sur le plan écologique, le système économique libéral est incapable de prendre en compte les « externalités » c’est à dire les conséquences destructrices réelles, mais non immédiatement mesurables, de ses activités. Face d’autorégulation (Exemple : échec de l’OMC) le seul recours reste l’intervention des Etats, mais celle-ci est de plus en plus refusée.


4/ D’où vient réellement la « croissance » ? Une grande partie de la création de richesse produite est essentiellement « fiduciaire », c’est-à-dire produite de façon « immatérielle » et conservée par un système fragile de croyance. Nous sommes donc devant la forte probabilité d’une « méga-crise » qui se concrétisera peut-être le jour où l’ensemble du monde cessera de soutenir le financement, à hauteur de 3 milliards de dollars par jour, les déficits jumeaux américains.


5/ En sus des questions écologiques, le monde entier doit affronter la traversée d’une très difficile période de transition démographique, entre 2015 et 2050, qui va mettre à charge des jeunes générations une proportion considérable de vieux, malades et inactifs.


Autrement dit, ni capitalisme, ni marxisme : nous devons au 21ème siècle abandonner ces créations idéologiques du 19ème siècle européen et occidental.


B/ - Accepter l’humilité de la vision « systémique » et les règles qui en découlent


S’il faut résumer le défi posé à la conscience planétaire en cours de constitution, c’est de passer d’une vision perverse où chacun est mis en concurrence avec les autres à une vision solidaire, où chacun reconnaît que sa survie dépend des autres comme celle des autres dépend de lui. Or, il y a une base factuelle, « scientifique » à la conscience de l’interdépendance des êtres, de leur solidarité.


Tout être vivant s’engendre et s’organise à partir d’une forme matricielle, d’une sorte de « programme » inscrit dans une « mémoire » donnée puis développée. Ce processus détermine au niveau individuel d’abord des différenciations organiques et fonctionnelles, les localisations et les proportions réciproques des organes, les sous-systèmes d’échanges et de communications entre les organes. Il se reproduit d’une façon comparable au niveau inter-individuel. Une image mathématique rend compte de cet emboîtement de structures (ou de formes) toujours semblables à différentes échelles : ce sont les « fractals ».


Cette vision ne suffit pas. Il reste à prendre conscience des systèmes de communication et d’échanges qui existe à chaque niveau, dans chaque organisme, et entre chaque niveau, entre les organismes. Ces systèmes de communication et d’échanges sont à la fois « nourriciers » et « régulateurs ». Tout organisme vivant a besoin non seulement de nourriture, mais aussi d’un système de régulation pour se conserver lui-même. La base de tout système de régulation est la rétroaction dite négative. Mauvais nom. Faut-il dire : asservissement des flux à un niveau d’équilibre ? Les savants emploient un mot encore plus compliqué : homéostasie. C’est à dire « un état qui se poursuit de lui même ». Cette forme de rétroaction est le contraire de la rétroaction dite « positive » qui est celle de l’accumulation sans fin, qui est le principe même de l’accumulation capitaliste.


« L’homéostasie » empêche t’elle la croissance, le développement ? Au contraire, elle la permet. Pour que tous les organes grandissent harmonieusement en demeurant eux mêmes, il doit suivre à la fois les règles de leur propre régulation homéostatique et les règles du niveau organique supérieur. Par exemple, niveau des cellules, puis niveau de l’organe réunissant les cellules, puis niveau de l’organisme dans son ensemble. Il faut ajouter : puis niveau de l’environnement nourricier de l’organisme. Par exemple, la mère qui enveloppe et nourrit le fœtus.


La même forme est conservée, mais il y a toujours une grandeur, une taille optimale pour une certaine forme donnée. Pourquoi ? Très basiquement, les grandeurs relatives n’augmentent jamais au même rythme ensemble : un doublement des valeurs linéaires entraîne un quadruplement en superficie et huit fois plus en masse : on passe au « carré » puis au « cube ». Si bien que l’on ne peut faire grandir une fourmi à la taille d’un éléphant : les pattes seraient trop grêles pour supporter l’augmentation du poids de la fourmi.


Conséquence : toute croissance nécessite une constante reconformation interne des systèmes, des structures ou des organismes. Et cela n’est rien par rapport aux changements qu’il faut appliquer aux systèmes d’information et de régulation, à la nécessité où ils sont de refaire constamment le partage entre les régulations automatiques, que l’on peut oublier parce qu’elles se font « naturellement » et les régulations nouvelles qui doivent demeurer conscientes et « à la commande ». Les régulations automatiques sont nécessaires aux « niveaux de base » de toute action. Si nous devions, par exemple, commander consciemment à tous nos muscles qui nous permettent de nous tenir debout ou de marcher, nous n’y arriverions pas ! Par contre, plus le niveau de l’action est complexe, plus les régulations doivent être conscientes et volontaires, et faire appel à la « raison », à ce qui peut donner un sens à l’action.


Rapporté aux questions économiques, le niveau « macro-économique » des Etats, et a fortiori de la mondialisation, nécessite donc un pilotage conscient et raisonné : il faut savoir où l’on veut aller, et non pas laisser le navire se débrouiller tout seul. Le « laisser-faire » revient en effet à institutionnaliser l’absence de toute finalité, ce qui ne permet plus de, tout simplement, raisonner. Par exemple, laisser-faire les marchés du pétrole sans imposer une régulation mondiale de type « écologique », c’est prendre le risque d’une destruction irréversible de ressources sans prise en compte des besoins futurs.


D’autre part, il faut mettre des « filtres » et des « sas » là où il le faut pour protéger les économies locales les plus fragiles, sans quoi elles vont continuer à être détruites, d’où immigration, misère et guerres. Principe de l’écluse : il faut mettre à niveau les plans d’eau avant d’ouvrir les portes…Simple question de bon sens. De même, il faut des fonds de compensation, des fonds de régulation des cours, etc. Sans quoi, les évolutions des prix demeurent imprévisibles, ce qui ravit les spéculateurs mais détruit les emplois et les investissements les plus utiles.


Or, la volonté politique des USA et des autres pays les plus riches refuse par principe, non seulement la création d’une gouvernance mondiale, mais également toutes ces structures de régulation et de sauvegarde. Attitude criminelle à l’égard des futures générations, et également criminelle à l’égard des pays les plus pauvres qui subissent directement les conséquences mortelles de leur pauvreté. Criminel n’est pas un mot exagéré : exemple de l’épidémie de SIDA qui tue par dizaines de millions de morts en Afrique alors que les pays riches ont les moyens de traiter leurs malades…

C/ Agir de façon « mondialisée »


C’est là-dessus que doit jouer le discernement citoyen. La mondialisation impose que la lutte contre la « théorie du bordel ambiant » (en quoi se résume l’ultra-libéralisme) soit, elle aussi, organisée de façon internationale. Comment faire ?


- les pistes existantes


1/ - Soutien prioritaire de toute action réellement éducative, formatrice et « anti-pub ». Objectif prioritaire : armer le cerveau à résister à toutes agression manipulatrice.


2/- Soutenir, renforcer les confédérations syndicales (nationales et internationales) réellement indépendantes et ne craignant pas l’engagement politique. C’est indispensable au niveau de l’Europe et entre l’Europe et les autres continents. Le syndicalisme des salariés et petits producteurs demeure la force principale d’opposition aux milieux du pouvoir. Ce n’est pas un hasard si, partout, ce sont les syndicalistes sur le terrain qui paient le plus lourd tribu face aux manœuvres d’exclusion, voire même au crime organisé (par centaines de morts chaque année) par les multinationales en complicité avec des « oligarchies » locales. (en Amérique latine, Afrique, Asie, Indonésie, etc .)


3/- Cela passe aussi par l’appui aux ONG les plus réellement efficaces quant aux défenses des droits de l’homme. Genre Amnesty international, etc.


4/- Cela implique également le soutien aux démarches de libération des populations opprimées statutairement au plan économique, culturel, familial, sexuel, etc. : enfants, femmes, handicapés, etc. Démarche parfois délicate en certains contextes. Il serait en effet stupide de porter globalement l’anathème sur des cultures anciennes ou sur des religions. D’où l’utilité de la laïcité comme pratique publique tolérante de toutes les religions mais rigoureuse contre toutes les déviations oppressantes des intégrismes religieux. Faire valoir ce qui est « ouvert » dans les religions et non ce qui est « fermé » ou « hostile ». Exemple : l’excision du clitoris est une pratique condamnable qui n’a rien de fondamentalement religieux. De même, il faut soutenir les musulmans qui veulent expurger la Charriah de ce qu’elle a de rétrograde de même façon que le « droit canon » des catholiques a été expurgé de ses excès qui furent criminels ( Inquisition…)


5/ - Internet est devenu le média des luttes et du passage de l’information. La production d’informations pertinentes et leur diffusion doit se généraliser. D’où la nécessité d’alimenter les circuits Internet, d’intervenir sur les blogs et d’y déminer en permanence les tentatives de récupération et de contrôle de l’information par les milieux du pouvoir. Le mieux est d’intégrer les réseaux existants plutôt que de vouloir en créer de nouveaux. Car ce qui manque le plus, ce ne sont pas les initiatives, ni les associations, mais la coordination des initiatives et l’extension des réseaux.


6/ - Le développement de la résistance passive semble en beaucoup de cas plus approprié que la recherche d’actions directes. Il faut développer le boycott ciblé non seulement des produits éthiquement ou écologiquement non conformes aux principe du développement humain et durable, mais aussi des actions « humanitaires » qui servent d’alibi.


7/ - Sur le plan économique et social, la résistance passe par le choix de circuits économiques les plus courts possibles et impliquant des entreprises « citoyennes » et socialement responsabilisées : dans l’agriculture, la petite industrie, le commerce.


Il y a bien d’autres stratégies, plus sectorielles…


- les principes d’action


Quelle que soit la piste choisie, les mêmes principes d’action peuvent s’appliquer. En voici quelques-uns :


- principe de participation plutôt que de technocratie. Non que les technocrates soient toujours à repousser : sur des domaines complexes comme le pétrole, le nucléaire et les énergies renouvelables, mieux vaut aborder les problèmes dans toute leur technicité pour ne pas dire de bêtises et être crédibles…Mais, aux cotés des spécialistes, il faut faire confiance au débat démocratique, et appeler à la participation de tous : c’est encore la meilleure façon ajouter la conscience à la science.


- principe de dignité contre principe du prix à payer. Cf. ce que disait Kant : « dans le règne des fins, tout a prix ou une dignité… » Il faut refuser toute quantification abusive d’une « valeur » sans équivalence réelle. Les biens publics n’ont pas d’équivalent possible, ni la vie humaine, ni le temps ! Nul ne peut accumuler le temps, ni ajouter du temps au temps de sa vie. Les besoins de Logement, Education, Santé relèvent du principe de dignité, et ils impliquent des droits opposables. Le paiement du prix relève en ces matières d’autres principes : responsabilité, solidarité, etc. Ils dépendent en conséquence d’une juste redistribution à partir de prélèvements proportionnés aux revenus et à la richesse acquise.


- principe de confiance et de crédit. Le crédit crée de la richesse et l’obtention de droits également. Avoir des droits permet de bénéficier d’un crédit. On l’a constaté dans tous les programmes de micro-développement avec légalisation de l’occupation d’un terrain. A l’inverse, une collectivité qui supprime des droits s’appauvrit globalement ! Cela se vérifie à l’égard des jeunes entrant sur le « marché du travail ». La hausse des prix du logement limite le droit au logement, limite les prises possibles d’emploi par les jeunes, limite donc la création d’emplois dans les villes trop chères, limite la croissance et la production de richesse, Etc.

Tout crédit est « crédit mutuel » entre prêteur et emprunteur. L’application de ce principe doit permettre l’exclusion de tout endettement abusif et manipulateur. De même que toute aide qui produirait des « effets d’aubaine » ou des rentes abusives. En matière de prêts, le principe de confiance doit, plus concrètement encore, faire choisir de préférence les systèmes de cautions solidaires aux systèmes hypothécaires. Les prises d’hypothèques devraient être réservées à la puissance publique et leur mise en application strictement moralisée…


- principe de « profondeur » de l’action publique, au contraire de la recherche des effets d’annonce. « Profondeur » veut dire action sur le « fond » et sur le long terme. Le respect de ce principe implique certainement une refonte des procédures électorales au niveau des collectivités territoriales (municipalités, régions et Etats : juste rémunération des élus, non cumul des mandats et allongement de leur durée avec, pour contrepartie, contrôle judiciaire renforcé de l’action des élus (contre le favoritisme, la prise illégale d’intérêts, la corruption passive, etc.)

Conclusion : il n’y en a pas ! Le débat est ouvert….