Il
faudrait que cela cesse.
Il existe de grandes potentialités et de
nombreuses
initiatives des ressortissants africains et de citoyens de bonne
volonté en
faveur de l'insertion et de l'intégration
(particulièrement dans les domaines
culturels, sociaux, artistiques, économiques).Mais celles-ci
sont souvent
isolées, pas suffisamment connues et reconnues. Elles sont
par conséquent
insuffisamment exploitées et prises en compte.
Les familles d'origine
africaine désirent
connaître et se rapprocher des acteurs sociaux
institutionnels pour une
meilleure connaissance mutuelle, pour une participation plus effective
à la vie
socioculturelle et/ou politique de la ville et de ses quartiers
Du fait de leur isolement,
d'une mauvaise
connaissance des institutions, certains de leurs besoins sociaux et
économiques
ne sont pas pris en compte.
Racines et Fleurs (R&F)
a ainsi pour
dessein la mise en commun de toutes ces énergies afin de
contribuer à un
meilleur rapprochement des acteurs associatifs et institutionnels. Ce
qui fait
de Racines et Fleurs, avant tout,
une fédération
d’associations.
Nous pensons
par ailleurs,
que toutes ces énergies continueraient
d’être dispersées si R&F
ne s’attaquait pas à la cause
profonde des discriminations (à l’emploi, au
logement) dont sont victimes les
étrangers d’origine africaine installés
en France, les français d’origine
africaine et, plus grave, les français des DOM TOM : la
"racialisation" des rapports socio-économiques. Nous
pensons, en
effet, que les
discriminations ne sont
que des conséquences d’un mal
qui prend
sa source dans les écrits de la Société
d’Anthropologie,
au plus fort
de l’entreprise
coloniale
française, au XIX° siècle : il
faut civiliser les peuples inférieurs. S’installe
alors à travers les
publications universitaires, les manuels scolaires, les journaux, les
expositions universelles et aujourd’hui dans les esprits, des
représentations
négatives de ces peuples qui, depuis, n’ont
pas varié. Le fait même que les jeunes
français, dont les parents sont
originaires des anciennes colonies, subissent encore des
discriminations,
fondées sur leur apparence physique (il en existe de
multiples preuves
aujourd’hui) est la preuve même de cette
"racialisation". M. Sarkozy,
français de la deuxième
génération,
n’est-il
pas en passe de devenir
Président de la république, tout simplement parce
qu’il « ne dénote pas
dans le paysage "? On peut ainsi affirmer que le taux de
mélanine,
même s’il est un fait naturel, par son
interprétation culturelle, détermine
généralement la situation sociale des
"Français d’origine"
(comme on dit).
Racines
et Fleurs
doit donc lutter contre cet état de chose, avec
des moyens démocratiques, en tant qu’association
citoyenne. Racines et Fleurs doit
combattre cet
état de chose afin qu’un jour, pas trop lointain
nous l’espérons, on ne puisse
écrire ou penser encore ceci : «
Nous reconnaissons tous qu'Alexandre Dumas était, sinon une
organisation
pauvre, au moins une organisation anormale. C'était un
être exceptionnel, fort
étrange, une imagination féconde, certainement,
et une intelligence supérieure
à beaucoup d'égards, mais inférieure
à beaucoup d'autres. Toute sa vie, Dumas
est resté un vieil enfant plein de verve
juvénile, mais indiscutable et
incapable d'accepter une autre règle que celle de ses
caprices puissants.
C'était un nègre blanc, très bien
doué ; mais, au moral, c'était un
nègre.
C'était un produit tout à fait extraordinaire,
ayant plutôt encore le caractère
de l'hybride que celui du métis. Un fait aussi exceptionnel
ne saurait être
érigé en règle
générale ; et l'on se demande ce que serait une
nation toute
composée d'Alexandre Dumas, même d'Alexandre Dumas
fils. » (Clémence Royer,
1878 ;
Philosophe, traductrice de Darwin en France).
(Traduction en puular)